Obsession perfection

Photo de Raymond Depardon

J’ai, dirait-on, comme une obsession de l’idéal. Trouver une bonne chose ne suffit pas, j’ai besoin d’accéder à LA chose. Ce n’est pas un sentiment de snobisme, d’insatisfaction du quotidien ou un manque d’enthousiasme. J’imagine que c’est plus de l’ordre du perfectionnisme.
Comme si le soupçon de médiocrité effaçait le verre à moitié plein. Qu’il conviendrait que je me tourne vers autre chose faute de suffisamment de valeur. Dans cette optique, je suppose qu’en définitive j’ai un penchant pour le mécontentement. Ne pas approcher, Ne pas adopter un objet tant que je n’ai pas trouvé l’idéal. Que ce soit pour acquérir quelque chose, faire quelque chose ou que ce soit dans mon attitude. Ce qui en soi peut être une qualité.

Le problème dans tout ça, c’est que la censure de l’action est assez réelle dans ce cas de figure. Ne pas être capable de l’idéal, ne pas avoir la volonté de se donner les moyens pour quelque chose d’inatteignable en tant normal pose problème. Ne pas vouloir faire car l’on ne réussira pas à faire la perfection modifie sa capacité à être actif. Trop d’autocensure, trop de passivité. Ou encore, faire la perfection (pour soi du moins), y passer excessivement de temps et par conséquent négliger le reste. Essayer de trouver le juste milieu.

Après avoir commencé cet article, j’ai vu l’article de Marie la chic fille sur Whiplash (j’adore Marie, sérieusement si vous ne connaissez pas déjà son blog, allez y jeter un coup d’oeil). Et du coup ça m’a donné envie d’aller voir le film (surtout que j’aimais déjà beaucoup Miles Teller à la base). Un copain m’a dis juste après qu’il était bien, le soir où je voulais aller au ciné. Donc j’y suis allée.

 

Whiplash donc, c’est un film sur la recherche de perfectionnisme, du dépassement de soi au delà de l’imaginable. C’est l’histoire d’Andrew, un jeune de 19 ans qui est repéré par un professeur de la meilleur école de musique de New York. Il entre donc faire son premier semestre dans ce lieu d’excellence. Son professeur Terence Fletcher est tyrannique. Il torture ses élèves psychologiquement (et parfois physiquement d’ailleurs) afin de les pousser à vouloir donner le meilleur d’eux mêmes, il les entraîne afin de leur faire trouver leur génie. Andrew devient en quelque sorte une machine de guerre, tout ce qui le préoccupe dans sa vie c’est de devenir « un des plus grands ». Ce film démontre que le prodige ne vient qu’à travers le travail acharné, la dureté, l’insensibilité envers soi même et les autres, en marchant sur les obstacles physiques et moraux de l’humain. Avoir la rage de la réussite.

Certains se demandent s’il est envisageable de trouver une solution à l’excellence autrement que par la brutalité. Vous en pensez quoi vous ? Si l’on regarde tous les milieux qui entraînent et enseignent l’excellence, dans les études j’entend, on ne s’attend jamais vraiment au respect, aux félicitations et encouragements, à la non fermeté.

Le problème c’est que j’ai beau réfléchir à tout ça, et à mon avis c’est en quelque sorte impossible de se dépasser sans ce genre d’attitude. Bien sur je ne parle pas de ce qu’on trouve dans Whiplash, qui est carrément de la violence.

La question que je me posais vraiment moi, cependant c’était: est ce que tout le monde peut arriver à donner le meilleur de soi ou d’essayer d’atteindre l’excellence ? Parce que j’ai l’impression que ce n’est pas quelque chose qui est donné à tout le monde. Et je ne parle pas d’intelligence, ça ce n’est pas quelque chose qui se travaille pour moi (je pense que l’on peut s’instruire d’avantage mais pas tellement améliorer sa capacité à comprendre plus rapidement, plus facilement que les autres).

J’ai comme le sentiment qu’il faut vraiment avoir un caractère prédisposé au dépassement de soi avant de trouver un tuteur, prof, ce que tu veux pour en arriver là. Donc, est ce que l’on peut changer notre caractère pour devenir une personne comme Andrew ? Ca m’a vraiment fait réfléchir parce que ce jeune dans Whiplash a le même âge que moi… Est ce que l’on peut changer une partie de son caractère avec de l’entrainement ? Quel est le point déterminant ? Je pense que le courage, la volonté, le travail et le déterminisme sont de gros facteurs de réussite mais j’ai l’impression qu’il manque un ingrédient à tout ça… Si vous avez des ressentis par rapport à ça, dites moi !

PS: Juste vu que je suis pas vraiment bilingue hein (ahem), j’ai quand même regardé vite fait la traduction de « whiplash ». Dans le film c’est le nom d’un morceau de musique mais sinon ça veut dire « coup de fouet », tout de suite ça m’a paru bien plus parlant..!

Passez une bonne fin de week end !

Un commentaire sur “Obsession perfection

  1. Ping : La chute | On the side

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