Adolescents, répliques

Photo tirée du film London Nights

PS: Si tu as faim, une course à faire parce que ton supermarché du coin ferme dans pas longtemps ou autre chose qui recquière un timing qui fait que t’as pas trop de temps à consacrer à ce post maintenant, peut être que tu devrais inverser ton programme.

Je vous avais dis dans la vulnérabilité que je reviendrai probablement sur le sujet. Alors ici oui et non. En fait c’est vite fait lié à ça, mais c’est surtout que j’avais repéré une conversation intéressante à propos de la relation ado/parents dans une interview de Brené Brown. Euh, tu vas surement te dire que je suis monomaniaque en ce qui concerne la dame mais moi je trouve que si les gens sont intéressants, il n’y a pas de problème.

Bon venons en aux faits. Donc dans cette vidéo ci dessous, Brené Brown parle aussi de vulnérabilité (rapport à son bouquin Daring Greatly -que je n’ai pas lu- -du moins pas encore-). Mais là je veux juste parler d’un passage de la vidéo. Donc si tu veux suivre mon blabla en dessous, il faut que tu écoutes de 24 minutes 50 jusqu’à 28 minutes 35 (bon à la louche hein. De toute manière l’interview est intéressante mais si jamais tu veux pas l’écouter j’ai résumé les points dont je veux parler DONC you do you).

Moi ça m’a vraiment marqué ce qu’elle dit. Bon j’ai 19 ans (je crois que c’est la 100ème fois que j’écris ça sur mon blog désolé mais je remets dans le contexte), donc moi tu te doutes bien que j’ai encore jamais eu d’enfants. Donc je ne sais absolument pas ce que ça fait d’être responsable de quelqu’un d’autre, d’avoir créé un être humain (ouah la vache quand on y pense quand même). Je me suis souvent demandée comment ça se passait dans ce cas là, tu sais de savoir quelle était ta position dans cette situation. Comment tu es censé percevoir objectivement, ou non d’ailleurs (justement) les preuves de ce que tu as engendré. Quelle est ton attitude face au fait d’avoir fabriqué toi même une personne, un caractère, un corps. Comment tu entretiens une relation saine et rationnelle en établissant les faits. Voilà j’ai donné ce type d’éducation à mon enfant, comment le vit-il, est ce que j’ai fais quelque chose qui va le marquer toute sa vie sans m’en rendre compte, est ce que si je lui avais enseigné d’autres valeurs il serait différent ? Moi c’est quelque chose que je me demande, je sais pas si vous aussi mais est ce que j’aurais pu être quelqu’un d’autre ? J’avoue que je ne crois pas vraiment au déterminisme, je ne suis pas interpellée par cette notion de destinée. Par contre de plus en plus j’ai l’impression que quoi qu’il arrive, les personnes ne changent pas. Bien sûr on évolue, si l’on veut changer certaines parties de nous c’est possible mais franchement changer, vraiment changer, ça me parait irréaliste. A partir de quel moment sait-on que voilà « tout est là », on sera comme ça et puis c’est tout ?

Pour en revenir à ce qui est dit dans la vidéo. En gros donc ce qu’elle dit c’est que:

-Tu ne peux pas donner un héritage intellectuel, des valeurs dont tu ne disposes pas, ni en donner davantage que ce que tu t’accordes à toi même. Ainsi que tu ne peux pas avoir d’attente envers quelqu’un d’une chose que tu n’es pas capable de faire toi même (bon là j’imagine qu’elle parle juste de valeurs encore une fois).

-Les parents contredisent les personnes qui leur disent « tu ne peux pas aimer ton enfant plus que tu ne t’aimes toi même ».

-Les parents qui ont des ados commencent à se poser des questions quand même. Euh bon peut être qu’en fin de compte c’est pas faux…ahem.

Donc pourquoi ? Ce qu’elle montre c’est que les parents finissent par voir certains de leur défauts naitre chez leurs enfants, ce qui les emmène à montrer plus de sévérité, moins de compassion. Ca vous dit quelque chose non ? Perso moi OUI. Alors je ne sais pas si ça viens de ça ou pas, je sais aussi que j’ai mes défauts et que tout le monde en a mais je sais aussi que tous les ados (là je crois que je peux faire une généralité) se disent à un moment donné « pitié faites que je ne devienne pas comme mes parents quand je serai plus vieille/vieux ». Bon alors je vais pas non plus cracher mon venin comme ça, parce que j’aime mes parents il n’y a pas de doute face à ça. Mais cette histoire d’héritage de caractère ça me travaille quand même un peu.

Elle établit le fait que la compassion envers nos enfants devient alors jugement. Bon alors tu penses bien que moi je ne m’étais pas arrêtée là. Je me suis dis, allons directement à la source aka un de mes géniteurs, ici ma mère. Donc je lui envoie un texto, avec ma petite fiche descriptive/explicative de ce qui est déclaré dans la vidéo et après avoir envoyé un roman j’attends (comme si toi non plus tu n’étais pas en train de subir mon post de 3 km. bref). Alors elle m’a répondu et m’a dit un truc du genre « C’est intéressant mais c’est assez long comme conversation par texto, on parlera de ça quand on se verra pendant les vacances plutôt ? ». Devine ce qu’il s’est passé ? Ben ouais dans le mille, on en a jamais reparlé. Etude de cas foirée.

Au final, en y réfléchissant, c’est vrai que je vois plein de points communs entre mes grands parents et mes parents. D’ailleurs j’ai pas vraiment compris ça en étant plus jeune mais de dire à un de tes parents qu’il te fait penser à ta grand mère/grand père, qu’ils ont un point de caractère en commun c’est la pire chose que tu puisses leur dire, ça finit en guerre du Vietnam le truc. Note à moi même et aux moins de 15 ans: ne dites jamais ça à vos parents, on ne sait jamais. Et bien le truc c’est que si c’est vrai pour eux, ce serait pas vrai pour toi ? Ah ben là ouais on fait moins les malins nous aussi. Re guerre de cent ans. Donc est ce que finalement c’est quelque chose de terrifiant de se retrouver face à quelqu’un qui deale avec le même type de problèmes, de retrouver ses propres mimiques, une certaine façon de parler, un caractère qui tend vers le notre ? Je crois que oui quand même. Outre le fait que maintenant je doive faire un post sur le « pourquoi on a peur d’être une réplique de nos parents » (parce que finalement j’ai quelques idées là dessus), pour finir ce post long comme un jour sans pain (première expression stupide de la longue lignée de famille sur le blog, vous inquiétez pas je vais surement en raconter d’autres SUPER)…Comment peut-on être vraiment un individu à part entière dans ce cas là ? Est ce que c’est inscrit dans notre génétique ou est ce que le caractère est transmis par quelque chose dans notre être ? Ou bien est ce que les familles ont finalement tendance à perpétuer une même éducation génération après génération ce qui apporte un héritage caractériel ? En gros, est ce que je me trompe quand je disais que je ne croyais pas au déterminisme ? Et ben la vache, tout ça pour ça… Dis, t’en penses quoi toi ?

PS de nouveau: Je suis en train de changer l’aspect bilingue du blog, pour l’instant c’est un peu le bazar mais j’y travaille 🙂

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