Job de rêve, vie de rêve

 

Parfois j’ai un peu l’impression de patauger. Et que c’est dû à mon âge (en partie). Il y a des choses sur lesquelles je ne comprends encore rien à la vie. Comme la corrélation travail/réussite. Et quand je parle de réussite je parle d’être heureux.
Moi dans l’idée je me dis que l’on peut être heureux en faisant un travail honnête, peu importe ce que tu fais. Du moins tant que ça n’est pas quelque chose qui t’exaspère. Mais plein de personnes disent « si tu vis de ta passion, travailler c’est toujours dur mais au moins tu fais quelque chose qui te plais tous les jours ». Enfin un truc du genre (souvent plus concis et ordonné). Alors comme ça ça parait cool et censé cette histoire. Mais dans un sens c’est la pire nouvelle qu’on m’ai jamais annoncé.

Je fais parti de ces gens qui sont dans le brouillard professionnel. Ou bien de ces personnes qui sont jaloux maladifs de ceux qui savent ce qu’ils veulent faire de leur vie. « Faire de sa vie ». J’ai l’impression que trouver sa vocation c’est un peu la suprême menace. Moi je ne me sens pas faite pour quelque chose. C’est un peu triste d’une certaine façon. Parce que j’ai le sentiment que ça montre que je ne sais pas vraiment qui je suis. Et le pire c’est que tu es censé ne pas dire ce genre de choses, parce que « ça donne le cafard » aux autres comme dirait ma grand mère ou ça te donne l’air faible. Dans notre société, tu es censé être complet avant de savoir qui tu es. Si tu n’es pas parfait et sur de toi dans tous les domaines de ta vie avant trente balais, tu finis dans la case looser. Si tu n’as pas un job stable et excitant, tu es une personne ennuyeuse. Si tu n’envisages pas de te marier et avoir des enfants à trente ans, tu es un cas social et on va essayer de te refourguer tous les célibataires de ton entourage jusqu’à ce que tu retrouves tes esprits. Même que maintenant il faut réussir de plus en plus tôt.

Avant tes dix huit ans, tu es censé savoir quel carrière tu veux avoir pour pouvoir faire tes études. Et bien personnellement je trouve ça hyper dur. Dans l’article obsession perfection, je te disais que j’avais besoin de « trouver l’idéal » pour que ça ai de la valeur à mon sens. Et si jamais je ne le trouvais pas, je devais continuer à chercher, puisqu’être dans une situation qui ne me correspondait pas m’ennuyais. Tu vois où est le problème maintenant. Finalement je me demande si je vais réussir à être heureuse si jamais je me trompe de voie.

Alors du coup j’ai du mal à avancer sans savoir où je vais. Pour les autres parties de ma vie, je me dis que je trouverai mon « idéal » en cours de route mais pour ma voie professionnelle ça m’embête énormément. Parce que c’est plus ou moins certain que tu passeras ta vie à ne faire qu’une chose. Et peut être que tu me trouves bête voir naïve pour ne croire qu’il n’y a qu’une voie qui rend heureux, le plus heureux. Mais pour l’instant j’ai ce pressentiment que ma vie ne peut être complète si elle n’est pas moi dans son entièreté.

Je suis allée passer une journée au bord de l’océan en Bretagnie (comme j’aime l’appeler) ces dernières vacances. J’y suis allée toute seule comme une grande en prenant le train et j’ai passé ma journée à faire des vidéos (raison officielle), à prendre le soleil et écouter la mer (raison officieuse).

En fin de journée j’ai rencontré un garçon qui restait là deux jours, appelé Julien (mais se fait passer pour un Jérémy jusqu’à ce qu’il sache que la fille avec qui il discute n’est pas un serial killer) et on a fini par discuter jusqu’à ce que je rentre. On s’est raconté nos parcours respectifs, lui en médecine (plutôt en fin de parcours) et moi en école d’art (carrément en début de parcours) tout en se baladant sur les remparts du bord de plage.

On a tous les deux parlé de nos inspirations, de ce qui nous intéressait mais surtout de notre relation au travail. Il trouvait qu’être artiste était d’une certaine manière égoïste, car ne servait pas le monde, que ça n’était pas un travail « utile » dans son sens strict du terme. Ca m’a fait rire, et je n’étais pas blessée de quelque manière, par contre je n’étais pas tout à fait d’accord. D’une part, vu le nombre de personnes qui se consacrent à des emplois utiles et vu la minorité d’artistes je ne pense pas que ça pose de problème au plus grand nombre. Ensuite beaucoup d’artistes sont utiles à notre vie quotidienne (les designer par exemple mais pour moi les musiciens aussi. Je ne me vois pas passer une vie sans musique doux Jésus). Mais surtout ce qui était le plus important pour moi et j’avoue que je ne lui ai pas dis (par rapidité de nos échanges j’imagine), c’est que pour moi les artistes ont été un point essentiel de ma vie. Ce que je suis devenue c’est par l’éducation de mes parents mais je dirais d’autant plus grâce à l’éducation culturelle qu’ils m’ont offerte. Je ne serai pas moi sans mes heures passées au Méliès (ciné d’art et essai de ma ville d’enfance ♥), sans avoir vu certaines expos, sans avoir profité de la culture étrangère et finalement je pense que dire que l’art m’a en grande partie construite ça ne serai pas faux (bon peut être prétentieux écrit comme ça, oupsi…?).

Il me disait aussi qu’il était en médecine mais qu’il voulait faire une licence d’art. Non il ne voulait pas, il m’a dit que c’était un -besoin-. Et je lui ai demandé pourquoi, s’il voulait combiner la science avec l’art d’une certaine manière dans sa vie professionnelle et il m’a dit que non. Et j’avoue que ça m’a un peu prise de cours, il n’était sur de rien quant à ce qu’il voulait entreprendre mais ça ne changeait pas son désir. Et d’une certaine manière on a fini par se mettre d’accord que pour nous c’était dur d’envisager de ne faire qu’une chose, que c’était aussi une manière de s’enfermer dans nos croyances et nos acquis.

Je trouve que c’est d’autant plus vrai quand on est jeune. Personnellement, si j’avais le choix, l’argent et que la société ne marchait pas comme elle marche avec la période pré-définie d’études (autant dire sur une autre planète Maud, merci Maud) je ne ferai pas ce que je fais maintenant. J’ai terriblement envie de découvrir plein de choses: de lire, voir des films, des spectacles, apprendre plein de compétences qui servent à la vie de tous les jours et d’autres qui n’y servent pas et oui je fais aussi partie du cliché des jeunes qui veulent découvrir de nouveaux pays et voyager. D’une certaine manière j’envie énormément l’époque où les étudiants artistes faisaient le tour des pays d’Europe, découvrant l’architecture, apprenant de nouvelles langues et maitrisaient le dessin et le latin. Cette discipline incroyable me fait terriblement envie. Peut être aussi parce que je suis incroyablement plus efficace dans une mise en situation que dans du potentiel, un travail hypothétique. J’ai toujours détesté travailler de manière conventionnelle. La plupart du temps je finis par oublier ce que j’ai appris de cette manière. Lorsqu’on me raconte une histoire, qu’on me montre comment faire quelque chose, ou bien être une part d’une expérience, je retiens, et j’éprouve une satisfaction extrême de ce que j’en ai tiré. Tout simplement parce que de cette manière, on m’a échangé davantage que du savoir.

J’ai visité de nombreux pays avec mes parents, eu une éducation culturelle en tant qu’enfant et jeune ado mais je trouve que c’est différent. Mes études ne me donnent pas vraiment accès à un savoir actuellement et je suis donc « obligée » de fonder ma propre culture, mes propres connaissances. Et ce n’est pas quelque chose d’évident pour moi, car j’aime la discipline, et toute cette autonomie et cette liberté me font davantage douter dans mon parcours. Voilà voilà. Sinon je vais très bien, merci 😀

Est ce que vous avez des pistes sur comment appréhender la vie professionnelle ? Ou alors vous avez mon âge et mon sentiment ou bien justement vous ne vivez pas du tout les choses comme moi ? Est ce que vous sentez que je n’ai pas envisagé une part essentielle du processus professionnel ?

J’aimerais bien faire une série de mini interviews sur la question, est ce que ça vous intéresserait ? Je pourrai faire ça avec mon entourage (ado, jeunes adultes et adultes) et si jamais vous voulez y participer ce serait génial aussi ! (Si oui, envoyez-moi un mail ou bien dites le moi en commentaire svp !)

Merci de m’avoir lue, bisous ∴

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Un commentaire sur “Job de rêve, vie de rêve

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