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Hey !

 

 

J’avais envie de voir le film Men, Women and Children quand il est passé au ciné, mais j’avais pas pu le voir. Et ce week end j’y ai repensé alors je l’ai regardé. Et je m’attendais pas à ça. Du moins pas vraiment. Si t’as pas vu le film, en gros ça parle de notre relation avec le monde virtuel et tout ce qui en découle, que ce soit chez les adultes ou chez les ados.

 

 

J’avais envie de t’en parler parce que je crois que je fais parti de la génération internet (dédicace aux peeps nés en 95) et en plus parce que je tiens un blog donc j’imagine que je suis en « plein dedans ». Ce film est limite documentaire je trouve et est légèrement enclin à dépeindre une image très négative d’internet, source de dangerosité.

Je suis née dans les débuts d’internet et je dirais que quand j’étais pré-ado (dans les 13-14 ans), c’était le tout début des réseaux sociaux. Dans le film, ils se focalisent sur les ados de maintenant (2015 quoi) et ceux qui ont 15/16 ans.  Et je dirai qu’en quelques années, internet et les ados ça a -beaucoup- changé. En fait je crois que tout ce qui fait l’environnement ado actuel, ça a évolué en même temps que ma génération est passée de pré ado à post ado –> adulte. WHAT ?! [débuts de nouveaux problèmes prenant de l’ampleur au fur et à mesure des années et générations décrits comme des problèmes de « crise d’adolescence ». Mon dieu que je déteste cette expression, c’est d’une imbécilité je trouve…]

Je pense que j’ai été élevée dans une famille très cool vis à vis de ce que je faisais mais en même temps je faisais pas n’importe quoi. Comme si j’avais l’impression d’avoir zéro interdits et en même temps, je n’ai pas eu de « mauvaises » influences, de « mauvais » passe-temps. Donc peut être que ça y joue une part importante en plus du fait que notre vie en ligne c’était pas autant le bordel (pardon my french) que maintenant.

Dans Men, Women and Children, ça se concentre autour de plusieurs pôles d’internet, à savoir: les jeux vidéos en ligne, le porno, l’apologie de l’anorexie et le besoin d’être vu dans la masse, la « gloire » entre guillemets et ce que ça fait de se dévoiler (un peu trop), sans égards.

Et en fait je sais pas si je vis dans ma bulle ou quoi mais ce film m’a un peu choquée. Dans le sens, où, moi j’ai pas l’impression que ce soit aussi tordu que ça. Je sais que tout ça existe mais pour moi ce n’est qu’une partie et pas la norme.

Je ne suis pas née un Iphone à la main, et internet était beaucoup plus petit et moins influent à mon époque je crois. Bien sûr le porno existait, l’anorexie aussi, et tout le reste. Mais voilà, je crois pas qu’on était entourés de forums sur l’anorexie (ça n’a pas empêché qu’en terminale rien que dans mon entourage proche j’avais 4 copines anorexiques…), que les ados de ma génération étaient à ce point influencés par le porno. Evidemment j’avais des copains qui en regardaient mais j’imagine que c’était un peu moins trash que maintenant même si youporn ça existait et que l’accès était délibérément hyper facile. Dans le film, un des personnages ado a tellement puisé dans le trashos du porno et fantasmes inavouables, qu’il est incapable d’être excité par sa copine qui lui propose simplement d’avoir du sexe « classique ». Aussi on avait pas ce besoin de checker tout tout le temps et on avait que Facebook comme réseau social. Techniquement, (même si je ne me sens pas plus adulte que ça), je ne suis plus une ado, et je pense que je n’ai pas besoin de découvrir tout ça, mais malgré tout je le vis tout de même un peu maintenant. Le pire c’est que je crois que je ne peux limite pas dire à mon insu.

Je vais pas mentir, internet ça peut être génial mais j’avoue qu’on peut vite tomber, se faire très mal, être addict, ou influencé, et ça c’est pas cool. Même si 99% du temps je me dis que tout ça n’est que virtuel, que tout est retouché, tordu, remanié et que j’ai aucune raison de prendre ça comme exemple ou d’y trouver un intérêt et d’avoir des envies…Je me dis aussi quelques fois que malgré moi, inconsciemment je dois être touchée par ce qui m’entoure et que ce que j’ingère ça me forme. Je ne regarde quasi pas de conneries sur internet mais bon, mieux vaut prévenir que guérir.

Quand je vois que les jeunes laissent des commentaires sous les vlogs disant que leur vie est inintéressante et qu’ils aimeraient eux aussi voyager, avoir des challenges dans leur vie, ça m’attriste et quand je vois que sur tumblr la mode est, à prôner la dépression, comme si c’était cool à coups de selfies tristes, de citations plombantes et à la prolifération de photos d’hématomes comme des dessins de peau tournés en art corporel ça me fait un peu mal à l’âme. Et j’ai un peu l’impression qu’internet ou pas, les nouvelles générations (mais aussi ma génération) on est pas dans un environnement sain… Tout existe déjà à la base, mais s’intensifie comme jamais.

Revenons au film. Dans Men, Women and Children il y a cette connexion étouffante et d’un côté il y a les parents qui laissent pisser et ceux qui sont en contrôle total, absolument omnubilés par les relations virtuelles de leurs enfants. Quant aux ados, t’as l’impression qu’ils n’ont aucune notion de la réalité, que le virtuel est aussi important que le monde vrai, le monde vivant. Que les deux se confondent.

Et le truc, c’est que ces ados et ces parents ils sont entourés de problèmes, pas vraiment heureux, voire totalement déconnectés de leurs sensations mais ultra attachés à leurs représentations.

Même si j’avoue j’aime beaucoup internet parce que ça me permet de voir des interviews intéressantes, des vlogs de mecs qui voyagent, de trouver des créatifs passionnés et de lire des blogs sympa, internet me pose problème. Je suis une fille qui est très attachée à la nature, au naturel et même si cette contradiction ne m’embête pas j’ai parfois du mal, parce que j’ai l’impression que plus ça va plus je ne comprend pas ce qu’est mon lien avec la terre (salut la hippie quoi) et ça, ça me gêne. J’ai jamais connu une personne de mon âge se préoccuper de ce genre de chose donc bon j’en parle pas vraiment du coup. Je suis un peu la nana « new age » de ma famille donc en gros je suis seule dans mon trip. Du coup je me demande parfois si internet a un rôle majeur dans cette déconnexion ou bien si tout mon environnement, dans les préoccupations de ma génération, de ce qui nous est proposé dans notre société en tant qu’ados est « pollué ». A vrai dire je sais même pas te dire si c’est propre à notre époque ou bien si c’était la même sensation dans les années 70, flower power versus nucléaire et compagnie.

On est tellement assenés d’avis divergents qu’on se sent hyper paumés, hyper seuls et il y a tellement de personnes sur qui on peut prendre exemple qu’on ne sait plus quoi faire. Entre les gens qui te disent il faut être mince et ceux qui pensent qu’il faut aimer son corps, peu importe comment t’es foutu; la pop culture qui est très porno, la dégradation de l’image de la femme et tout ce qui dénonce ces influences et idéaux (regarde ce TED talk, j’avais pas réalisé à quel point…). Alors on a beau être super connectés, parfois à revenir aux basiques des vrais relations humaines, on est justes chamboulés. Du moins c’est l’impression que j’en ai. De ce que je ressens et de ce que je vois. Parfois en soirée avec des amis, j’ai le sentiment de passer de vrais bons moments mais en même temps de ne rien partager d’un point de vue ancré, qui a du sens (pas dans le sens posh du terme mais juste quelque chose qui te fais sentir connecté en fait).

Dans le film les parents ont l’air tout aussi déboussolés à leurs manière et même si j’ai jamais été témoin de ce genre de choses, j’ai jamais connu un adulte prêt à partager sa jeunesse, comme si c’était à la limite du tabou, restant sur ses positions de parent et non de personne. Et ça ça craint si tu veux mon avis ! Hé ho les gens de plus de 40 ans, racontez vos histoires, ça nous intéresse et c’est utile !!

Dernier point de ce post un peu trop indépendant dans sa longueur ahem…

Je voulais vite fait parler d’avoir un blog, d’être d’une manière connecté dans une autre sphère un cran au dessus (ou en dessous j’en sais rien). J’avais vu un film sur une ado (genre mon âge) qui prenait une année sabbatique et écrivait un blog anonyme sur ses relations et ce qui se passait dans sa vie (ça s’appelle Ask me anything). Je te conseille pas de le regarder, même s’il y a des questions assez intéressantes, c’est franchement pas une lumière et en plus il est trop long. Cool haha. Et la bande annonce est moisie, ça raconte tout.

 

 

Mais à un moment la fille dit un truc du genre sur son blog: « Désolé d’avoir été absente aussi longtemps et de n’avoir rien partagé mais il s’est passé des trucs intéressants dans ma vie, et je vivais des trucs donc j’avais tout à faire dans ma vie, sauf à écrire sur un blog ». Et ça m’a fait rire et en même temps je me demande ce que ça ferait dans ma vie (ça faisait longtemps que j’avais pas parlé de moi moi moi. En même temps c’est le principe -bizarroïde- d’un blog) si je n’avais plus AUCUNE connexion avec le monde virtuel. Je pense qu’il y a moyen que ce soit positif et en même temps je sais qu’interdire est mauvais pour la santé, et que la modération est le maître mot. De toute manière je crois que je suis trop la dedans pour que j’en ai même envie.

Et toi, t’en es où dans ce bain d’influences ?

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