Interview #JDRVDR 2

On se retrouve aujourd’hui avec un nouvel épisode de Job de rêve, vie de rêve. Si vous n’avez pas vu le dernier épisode, c’est ici. C’est une manière de découvrir différents parcours d’études, et de mieux comprendre en tant que jeunes comment se déroulent des études, nos influences et nos hésitations.

Aujourd’hui je vous présente Alex, étudiante en lettres. C’est une interview plutôt longue, mais très intéressante je trouve. Je pense que si des personnes sont intéressées par des études littéraires ça peut être un très bon moyen d’en savoir davantage.

J’espère que ça vous plaira, bonne lecture ! *

Où est ce que tu en es de ton parcours, comment décrirais-tu tes études en ce moment ?

Je suis étudiante, je suis en 3ème année de lettres modernes.

Est ce que tu es satisfaite de ta « position » actuellement, est ce que tu t’attendais à ce que tu expérimentes actuellement dans tes études ou bien tu avais d’autres attentes ? Est ce que tu es déçue d’une quelque manière ou contente de ton parcours ?

Je suis contente de mon parcours jusqu’à maintenant, parce que j’ai toujours voulu faire des lettres, mais ça restait quand même vague dans mon esprit en tant que choix professionnel, c’était plus une histoire de goût. Du coup j’ai fais une prépa littéraire (hypokhâgne et khâgne). Et tant au niveau de la méthode de travail que des connaissances que j’ai acquises, c’était très enrichissant (j’aurais pas fais une année de plus mais les deux, c’était très bien). Maintenant cette année, je repique ma L3 et je suis très contente parce que j’ai une idée claire de ce que je veux faire, d’un point de vue professionnel.

Quand tu dis que tu as ce goût là, ça te viens d’où ?

Déjà c’est en grande partie familial, étant donné que ma mère c’est quelqu’un qui lit beaucoup, elle m’a transmit ce goût. Même si c’était pas obligatoire que ça m’arrive, il se trouve que ça m’est arrivé donc ça a conditionné mon parcours. Et après il y a le fait que non seulement j’aime lire mais j’ai un intérêt tout particulier pour la langue française en tant que tel. Bon évidemment, l’un découle de l’autre. C’est à dire que moi je lis principalement des romans, en prépa j’ai lu des ouvrages d’histoire et de géographie par exemple mais ce n’était pas le gros de mes lectures. C’est quelque chose qui m’intéresse de savoir comment la langue s’est construite, pourquoi on dit ça à tel moment. Par exemple là à la fac je fais de la lexicologie et je trouve ça super intéressant, la façon dont est construit un mot…

Au fur et à mesure aussi, tu apprends à développer d’autres goûts…

Voilà, et mon point de départ c’est le goût pour le roman.

Donc du coup tu as fais une prépa, pourquoi c’était mieux pour toi cette voie là, par rapport à ce que tu avais envie de faire. Est ce que c’était plus pertinent qu’aller directement en fac ? 

Et bien premièrement ça aide parce que je voulais faire des études littéraires mais c’est quelque chose qui restait très vague -des études littéraires-,  donc la prépa (on peut en dire ce qu’on veut) mais ça permet de rester généraliste pendant deux ans.

Petit rappel pour les personnes pas très familières avec ces études (j’ai un peu fais mon ignorante et j’ai demandé):  Tu as encore de l’histoire, de la géo, de la philo, des langues, du grec ou du latin et de la littérature française (donc j’appelle ça généraliste).

Donc tu penses que d’avoir toutes ces possibilités, ces matières ça te permettre de mieux cibler ce que tu veux faire ou c’est l’idée d’avoir de plus grandes connaissances ?

Deux ans ça te laisse le temps de maturer tes choix déjà, après ça te permet de confirmer ton intérêt pour la matière: parce que c’est pas la même chose de faire de la littérature au lycée et en prépa. Après ça m’a permis aussi de découvrir l’histoire de l’art, chose que je ne connaissais pas. Même si l’art m’intéressait déjà, l’art et l’histoire de l’art, aller dans des musées et l’histoire de l’art c’est deux choses différentes… Et ça m’a beaucoup intéressée. Il y a même un moment où j’ai hésité à aller à la fac en histoire de l’art ! Ce que je n’ai pas fais, et qui en plus était un peu de « l’ordre du destin » et que je ne regrette absolument pas parce que… J’ai demandé mes équivalences en histoire de l’art et en lettres et on me les a données en histoire de l’art pour finalement me les donner en lettres ! Donc j’ai failli me retrouver en histoire de l’art !

On en a déjà un peu parlé mais est ce que tu fais des « études-passion », est ce que c’est ta « vocation » ?

Vocation je ne sais pas, parce que c’est très spécifique comme terme, je ne sais pas si c’est vraiment une vocation mais ce qui est sûr c’est que c’est une passion !

Est ce que tu sauras plus tard dans ce cas si c’est une vocation, quand tu exerceras ton métier ?

Non c’est pas une vocation pour moi d’être éditeur. La littérature, oui c’est -une- passion sans dire -ma- passion, dans le sens où c’est ce qui m’intéresse le plus même si…

Qu’est ce que tu appellerais une vocation alors ?

Une vocation…c’est différent, c’est déjà quand tu as toujours voulu faire ça (plus ou moins); et c’est clair et net tu es « fait pour ça ». Pas que tu n’as d’intérêt que pour ça mais qu’il n’y a pas de doute possible.

En fait, limite ça ne t’intéresse pas que ce soit une vocation en fait ?

Si j’en avais eu une très bien, mais je n’ai pas de vocation…

Pour toi c’est le sujet le plus censé en fait ?

Le plus censé et c’est ce que j’ai le plus envie de faire ! Parce que c’est possible que dans trois ans je découvre autre chose et que je me dise, ça c’est ce que j’ai envie de faire. Une vocation c’est une chose absolument certaine et moi même si j’ai envie de travailler dans l’édition ce n’est pas non plus un absolu. Si je me rend compte que ce n’est pas ça que je veux faire éditeur ou qu’une autre chose me plait davantage, j’irais vers cette autre chose.

Bon alors, je suis un peu bête parce qu’on parle de tes études, mais on a pas vraiment dit en détail ce que tu voulais faire, être éditrice ?

Donc à court terme je veux faire un master recherche, et à long terme je veux travailler dans l’édition. Et j’ai d’ailleurs un stage cet été.

Et est ce qu’il y a un domaine qui t’intéresserait plus dans l’édition (jeunesse par exemple…) ?

Alors ce que je préfèrerais c’est éditer du roman, après jeunesse pourquoi pas (ça me ferait râler de travailler dans du scolaire par contre je pense..).

Oui, en fait t’as envie d’éditer des trucs que t’as vraiment envie de lire quoi !

Oui, enfin j’ai plus du tout envie de lire de la littérature jeunesse mais en même temps je sais que c’est ce qui m’a construit et il y a plein de trucs très enrichissants, très chouettes en jeunesse et je me dis, pourquoi pas. Après peut être que je me rendrais compte que si je dois replonger dans des écrits de jeunesse ça me barberait !

Après ce qui t’intéresserait le plus ce serait d’être dans une maison d’édition en particulier et pas un domaine spécifique en fait, ou pas du tout ?

Non , parce que s’il y a une maison qui m’intéresse mais que je dois faire des cessations…non des cessations de droit ça m’intéresserait mais… Non moi, tant qu’à faire, si on peut tout avoir, ce qui m’intéresserait ce serait d’être dans une maison qui me plait… Parce qu’évidemment si j’édite, si je suis assistante éditoriale ou plus tard même éditeur mais que je suis dans une maison qui édite que des trucs qui ne sont pas de qualité, ce métier n’a plus aucun intérêt pour moi. Mais si je suis dans une maison qui me plait mais que je m’occupe des ressources humaines ça ne m’intéresse plus.

 Comment tu es recruté en fait (autre question naïve de ma part ahem) ?

Avant d’être éditeur, tu es assistant éditorial mais avant ça, il faut faire des stages, des stages, des stages… et après tu finis par décrocher si tu y arrives, un poste en tant qu’assistant éditorial. Ou bien tu fais de la cessation de droits ou des « métiers autour » pour finalement y rentrer.

Alors tu en as déjà un peu parlé tout à l’heure mais est ce que l’éducation que tu as reçu t’as emmenée vers ces études ?

Oui complètement. Après on ne peut pas refaire le monde « si je n’étais pas née dans cette famille », je n’aurais pas fait ça, j’en sais rien. Si je suis dans cette voie c’est grâce ou à cause (plutôt grâce je considère) à l’éducation que j’ai reçu. Pas seulement les livres, aussi l’ouverture d’esprit, l’aspect culturel, la curiosité intellectuelle… Tout ça c’est un ensemble de trucs dans lequel j’ai baigné toute mon enfance et toute ma jeunesse et ça a fini par me mener là où je suis actuellement. Donc oui mon éducation a une grande part de responsabilité dans mes choix d’études.

Est ce qu’il y a un prof qui t’as marqué tout particulièrement d’une manière positive, qui t’as impressionnée ? Est ce qu’un prof dans ce qu’il t’as donné, a « confirmé »  ton envie ?

Oui clairement. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs profs qui ont confirmé que déjà j’aimais ça, et tu as beau dire, mais quand tu as un bon prof dans une matière, tu as tendance à plus kiffer la matière. J’ai eu une prof de français que j’adorais en sixième, donc j’ai toujours eu plaisir à faire mes cours de français. J’ai eu une excellente prof de latin, en troisième, ce qui a énormément joué aussi, car j’ai adoré le latin grâce à elle. J’ai eu la chance d’avoir des bons profs de latin aussi au lycée. Parce que le latin a une grande responsabilité dans mon goût pour la langue en fait (pour la morphologie…).

Et plus du latin que du grec ?

Euh, peut être pas..?

C’est juste que tu avais commencé avec le latin donc…

Voilà ! Après j’ai eu un bon prof d’histoire que j’adorais.. J’ai eu beaucoup de bons profs littéraires donc ça n’a fait que renforcer mes goûts.

Est ce qu’il y a un moment où tu as hésité entre différents parcours à un moment, est ce que ça t’arrives encore en ce moment pour prendre certaines décisions ?

Déjà j’ai eu cette hésitation en troisième année entre histoire de l’art et lettres. J’ai beaucoup hésité quand même.

Et quand est il de la fin du lycée par exemple ?

Ma première hésitation, qui a quand même été assez décisive dans mon parcours, c’est que j’ai commencé par faire une première S et repiqué pour aller en première L. Déjà c’était une première grosse décision qui a pas mal orienté…enfin j’aurais quand même fait une prépa littéraire sûrement en sortant du lycée mais peu importe ! Donc ça déjà ça a été une grosse décision (une hésitation puis j’ai fais marche arrière et je suis revenue). Après le bac, je savais que je voulais faire une prépa littéraire. Là aussi c’est parce que je savais que j’en avais les moyens mais aussi que mes parents m’y encourageaient.

Donc en soi, tu n’as pas vraiment hésité en fait !

Non j’ai peu hésité ! Après c’est pas parce que j’ai peu hésité au niveau de mon parcours que je savais ce que je voulais faire à ce moment là.

Sinon j’ai eu une hésitation récente, entre un master professionnel et un master recherche.

C’est quoi la différence ?

Pour moi un master professionnel ça aurait été un master édition. C’est à dire que la moitié de ton année tu es en stage et tu as des matières professionnelles, tu étudies les droits d’auteur…etc. Et un master recherche, tu écris un mémoire.

Est ce que plus jeune, tu as connu une personne qui exerçait le métier d’éditeur ou travaillait dans l’édition et est ce que ça t’as donné envie, influencée ?

Non je ne connaissais personne qui faisait ce métier, par contre il y a une chose qui m’a nécessairement influencée. Quand tu fais des études de lettres, ou que tu es en L, les gens ne pensent qu’à un truc, que tu puisses faire prof. Et l’alternative que t’offrent tes parents, c’est « non mais tu peux aussi faire éditeur ! » ! Et c’est vrai que c’est pas très large.

Maintenant, les entreprises disent qu’elles recherchent beaucoup de profils littéraires. Après, moi j’ai aucune envie d’être DRH dans une entreprise, ça ne m’intéresse pas.

Toi c’est vraiment pour l’amour de la littérature !

Oui moi j’ai vraiment envie de faire de la littérature. C’est peut être rêveur, mais sinon à quoi ça sert de faire des études littéraires…c’est à dire des études qui ne promettent pas un métier où tu gagnes bien ta vie ! J’aurais fais des études de commerce ou quelque chose comme ça si j’avais envie de travailler dans une entreprise. Je veux travailler dans une entreprise, mais dans une maison d’édition !!

Que pensent tes parents de tes choix ? Comment ils s’impliquent dans tes études ?

Oui, mes parents sont forcément impliqués dans une certaine mesure, c’est à dire qu’ils sont là pour conseiller, pour plus ou moins orienter. Mais après mes parents m’ont laissé prendre moi même mes décisions. Après j’ai pu être influencée par eux, mais au final c’est moi qui prend mes décisions. Quand j’ai décidé de refaire une 1ère L après avoir fait une 1ère S, quand j’ai décidé de ne pas khûber et après mon père voulait que j’essaye science po et je n’ai pas voulu. Après il y a quelque chose d’assez rigolo, mais ça me convient comme ça, c’est que mes parents n’ont pas vraiment les moyens de suivre de très près mes études. Bien sur il les suivent dans les termes (tu vas en L3, en khâgne, tu fais telle ou telle chose…) mais après pour mon mémoire, ils pourront pas vraiment suivre ce que je fais de près. Parce que les « seuls parents » qui pourraient suivre ce serait des professeurs, ou du moins des parents qui sont allés à l’université et ont fait de la recherche. Même s’ils s’y intéressent, ça reste quand même un peu abstrait pour eux, certaines parties.

Et socialement ?

Avoir des amis dans la même branche, ça permet de discuter…Par exemple je sais que pour le master j’ai des copines qui ont des connaissances, on peut échanger sur des méthodes de travail, on peut bosser ensemble, on a les mêmes rythmes scolaires, on peut se poser des questions similaires et arriver à y répondre ensemble…

Est ce que justement, une fois que vous aurez « fini vos études », vous aurez une relation différente. Et est ce que ça va être « utile » à ton travail d’avoir des gens qui naviguent un peu dans le même milieu ?

Oui on aura une relation différente. Après mes copines les plus proches, il y en a une qui ne sait pas encore vraiment ce qu’elle veut faire, et l’autre elle veut être prof donc pas vraiment. A part par exemple pour des stages, il y en qui travaillent avec des universitaires, pour travailler sur des auteurs classiques. Donc sauf cas particulier pas vraiment.

Moi ce à quoi je pensais c’était de travailler sur des projets communs par exemple.

Je pense que c’est trop « loin » pour que je puisse savoir.

Est ce que ta situation financière/sociale t’as posé des contraintes à un moment donné ?

Non parce que j’ai des parents qui sont derrière moi pour mes études, donc j’ai pas à me « soucier des finances » même si j’essaye de faire au mieux et de faire attention. Techniquement j’ai pas vraiment de contraintes financières étant donné que mes parents assument pleinement mon statut d’étudiant. Après d’un point de vue moral je sais que je ne peux pas faire n’importe quoi.

Rien ne t’empêche de faire quelque chose qui te laisse progresser, évoluer en fait. Et socialement ?

J’ai toujours évolué au milieu d’amis, pas de milieux sociaux différents, mais j’ai beaucoup d’amis enfants de profs en fait. Et mon milieu social originel, de droite, est un peu en marge de celui là, je suis un peu décalée. Parce que moi j’ai grandi dans une famille plutôt bourgeoise, ouais plutôt bobo quoi hahaha. Non mais bourgeoise + culture quoi ! Et plutôt très à l’aise financièrement alors que j’ai eu des copines qui avaient des moyens plus limités, ou aussi beaucoup d’enfants de profs. Du coup il y a souvent eu un petit décalage socio-politique, mais ça ne m’a jamais posé de problèmes !

Est ce que tu as eu un évènement qui t’as perturbée ou qui t’as fait prendre conscience de quelque chose ?

J’ai eu un évènement qui a quand même était décisif dans ma vie, c’est la lecture d’un bouquin. En 1ère S, j’ai lu Cercle de Yannick Haenel. Bon pour moi ça a été une espèce de révélation, et c’est ce livre qui m’a décidée à faire des études littéraires et à aller en L.  

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Cercle Yannick Haenel

Je me suis dis, ça y est, c’est ça que je veux faire ! Donc oui ça a été un évènement majeur de mon parcours scolaire.

Sinon c’est pas un évènement, mais comme j’ai pas eu ma L3 la première fois, j’étais un peu dans une espèce d’inconscience et ça m’a un peu réveillée et fait prendre conscience de « la réalité du monde » en gros. Je me suis dis, bon maintenant il faut se décider, il faut agir, il faut être actif ! J’étais plus passive avant. Je bossais sérieusement, mais je me laissais porter. J’étais pas pleinement actrice de ma vie (d’un point de vue scolaire). Je me suis dis: c’est ma vie, c’est mes études, c’est maintenant !

Est ce que tu dirais que tes choix d’études ont marqué le reste de ta vie ? Est ce que ça t’as donné de nouveaux intérêts ?

Oui avec la prépa pour l’Histoire de l’Art. Et dans une moindre mesure l’Histoire m’a permis d’être plus attentive lorsque je lis ou pour d’autres choses me concentrer sur le contexte historique. Et après bien sur mes études déterminent complètement, ou quasiment à 90% mes relations. Parce que la majeure partie de mes amis sont des gens que j’ai connu en prépa. Après d’autres amis sont des amis de mes amis donc on élargit le cercle, mais à peine. Ca reste des gens qui font soit des études littéraires, soit des études dans le domaine de la culture, soit des théatreux… Après je fais du sport mais je ne me suis pas fais des amis là bas par exemple.

Est ce qu’au quotidien dans tes études, il y a un certain renouveau, ou tu as l’impression de faire tous les jours la même chose ? Est ce que tu as des directives différentes ?

Dans mes études c’est des choses assez différentes parce que ce sont des cours que j’ai choisi et qui ont des thématiques différentes. D’un semestre sur l’autre, ce sont les mêmes profs mais on étudie différentes oeuvres donc non, moi j’ai pas l’impression que ce soit monotone.

En relation avec ton futur métier, est ce que tu as besoin de reconnaissance et de la part de qui ? Et est ce que c’est nécessaire que tu sois utile ?

Bien sur j’ai envie d’avoir un métier utile. Et si je suis éditeur, et que je fais quelque chose qui me plait, je pense que je serai utile.

Après j’ai besoin de reconnaissance de la part de mon patron hahaha. C’est agréable de t’entendre dire, de la part de ton patron qu’il reconnait ton travail. Si c’est le cas, c’est super gratifiant. Après dans mon métier, je voudrais de la reconnaissance des auteurs, des lecteurs même si tu as jamais l’occasion vraiment d’avoir des retours mais pourquoi pas, et de la reconnaissance de la part des gens avec lesquels je travaille.

Et tu as besoin de reconnaissance de la part de ta famille ou d’autres personnes extérieures à ton milieu professionnel ?

Oui j’aimerais aussi avoir de la reconnaissance de la part de mes parents, qu’ils soient fiers de ce que je fasse. Qu’ils trouvent que c’est bien et suffisant. Tu as même envie d’avoir de la reconnaissance des gens qui sont autour de toi. De la part de tes amis ou des gens que tu rencontres pour la première fois (qu’ils reconnaissent que tu fais quelque chose de bien).

Tu disais que tu n’auras pas forcément de reconnaissance de la part des lecteurs. Est ce que du coup, sachant que tu as cette perspective de métier, tu fais toi même attention au travail des éditeurs, dans ce que tu lis ? Est ce que tu es plus intéressée par certains éditeurs…?

Bien sûr ! Déjà la première chose que tu vois dans le travail d’un éditeur c’est son choix, sur quel auteur il s’est porté. Après une chose qui vient davantage de la prépa que dans mon envie d’être éditrice, c’est prendre conscience de l’importance (de la richesse ou de la nullité) de l’apport de l’éditeur. Que ce soit au niveau des notes, au niveau de la préface, de l’introduction, de la présentation aussi (une bonne typo, un bon papier, c’est plus agréable à lire). Après je commence à peine à essayer de me renseigner sur des grands éditeurs.

Tu as des éditeurs favoris ?

Non parce que je ne m’y connais pas assez bien encore. Après par exemple j’ai eu l’occasion de rencontrer Sabine Wespieser, je l’ai rencontrée parce que c’était quelqu’un qui me plaisait, que ce soit au niveau du choix de narration ou au niveau de l’esthétique de ses livres.

SABINE WESPIESER

Parce que je trouve que ses livres sont beaux et que ses choix littéraires sont intéressants. Après non, parce que je vais citer des grands noms…

Par rapport à la reconnaissance, est ce que tu as envie d’une certaine célébrité ? 

Célèbre, le mot est peu être un peu fort mais là on relit la volonté de reconnaissance. Si à 55 ans ou à 60 piges j’arrive à être un nom reconnue dans le monde de l’édition, ouais c’est génial.

Donc ce serai plus dans ton milieu.

De toute façon, les grands noms de l’édition ils sont jamais connus d’un large public.

Des lecteurs ?

Oui il y en a qui vont connaitre Jacques Rivière ou Jérôme Lindon mais le grand public ne connait pas.

Oui mais je parle de célébrité chez les gros lecteurs qui ne sont pas dans le milieu plutôt.

Je pense qu’il y a des gens qui lisent beaucoup mais ne connaissent pas les noms des éditeurs. Si je ne suis pas célèbre mais que j’arrive à faire du bon travail et que je fais un travail qui me plait c’est très bien et tout à fait suffisant.

Est ce que tu as l’impression d’avoir réussi ? Qu’est ce que réussir pour toi ? Et qu’est ce qui te rendrai heureuse, épanouie (objectifs particuliers) ?

Réussir ça veut dire être satisfait du travail que tu fournis, dans le sens d’apprécier ton travail; et fournir quelque chose d’utile et de concret: autant dans ton entreprise qu’à la société. Et réussir à faire ça dans un environnement agréable.

Je ne sais pas si tu as envie d’en parler, mais est ce que tu as envie de rester à Paris par la suite ?

Oh oui ! Déjà mon travail, principalement va être à Paris (dans mon domaine il y a plus de travail dans cette ville que partout ailleurs). Deuxièmement, aussi longtemps que je pourrais rester à Paris  je le ferai. Si je dois partir, je pense que ce sera purement une question financière. Enfin peut être que j’en aurais marre, sait on jamais !

Je sais que ce n’est pas forcément lié, mais est ce que la perspective d’écrire t’intéresse ?

Même si tout est connecté ça va être deux choses complètement différentes. C’est une chose indépendante de vouloir écrire et de vouloir être éditeur pour moi. Mais, je vais pas mentir, ça me fais envie. Mais pour le moment je ne pense pas en avoir les moyens.

Est ce qu’il y a quelque chose que tu aimerais changer dans ton parcours ?

Franchement non. Si je dis « j’aurais voulu prendre conscience de ce que je voulais faire plus tôt… » mon parcours ne se serai pas déroulé de la même façon donc non.

Merci beaucoup Alex d’avoir bien voulu participer !

* Si vous voulez aussi participer à cette série d’interviews, vous pouvez m’envoyer un mail ici. Merci beaucoup.

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