Relations parents/enfants

 

Je trouve que de tous les échanges et types de relations possibles, les relations parents/enfants sont de loin les plus complexes. Il y a encore plus de ça quand tu es ado, ou que tu n’es pas pleinement devenue cette personne faite d’autonomie, de courage et d’appréciation de soi.  Que ce soit d’un côté ou bien de l’autre il y a toujours cet air hébété derrière lequel il y a une once d’exaspération. Je crois que c’est très dur d’être parent et c’est très dur d’être enfant. Je pense aussi que l’ingratitude règne quelques fois, et j’imagine qu’on se rend compte de l’ampleur de la tâche d’élever un enfant quand on devient à son tour parent.

Le sentiment d’être un ovni est universel des deux côtés de la relation. C’est le truc que je comprend le moins au monde (ou bien que je ne veux pas comprendre) parce que contrairement aux jeunes de mon âge, nos parents sont parents mais ont aussi été ados. Ca a été tellement insignifiant qu’ils ne  s’en souviennent plus, ou alors c’était une période médiocre ou encore trop de nostalgie efface la mémoire. Peut être. Peu importe.

Je crois que moi, Maud, 19 ans il m’arrive de vouloir lutter contre mon adolescence. Peut être parce que j’ai peur, peut être parce que j’ai envie de sentiments nouveaux ou d’expérience. Je crois qu’à un moment, dans notre adolescence, on est tous confrontés à devenir nous même. Pour l’instant, j’ai l’impression d’être dans un sas, entre deux parties de ma vie. Je crois que j’ai du mal à entrer dans la cour des grands. C’est impressionnant.

Dans Affabulazione, la pièce de Pasolini (j’avais vu une mise en scène de Stanislas Nordey au théâtre), le père est totalement fasciné par son fils. Par ses boucles blondes, par sa jeunesse. Il en a même peur. Peut être que c’est de lui qu’il a peur en fin de compte. Il ne comprend plus pourquoi il ne fait plus partie de sa vie (il est un peu plus détaché ayant 19 ans), il craint de le perdre, de ne plus le comprendre. Il envie ses capacités, du à son charisme et son insouciance. Il veut tout savoir de lui alors que c’est l’âge où ça devient complexe de parler de soi. Ou simplement que l’on ne partage plus l’envie de donner son intimité.

Je ne sais pas pourquoi il y a ce gouffre entre ces deux âges. Je ne peux pas parler pour les autres, mais je crois que l’on commence à réaliser ce que l’on est, ce que l’on doit faire et même si ça parait prometteur, plein de riches expériences on est tétanisés.

Arrive un moment où l’on doit donner en retour à nos parents. Cette éducation est certes confortable mais pas éternelle. Tu as une idée de comment procéder mais c’est hyper neuf, complètement aux antipodes de ce que tu faisais enfant. Associe le rôle de parent pour te guider vers ton avenir, tes doutes et la découverte de soi et ça crée un cocktail explosif.

Il y a tellement de combinaisons différentes pour élever tes enfants c’est assez surprenant. Il y en tellement que je n’ai connu personne qui a été éduqué de manière similaire à la mienne. Il y a ces parents très cool, ceux qui sont très stricts, ceux entre les deux. Il y a des parents très présents, d’autres qui laissent leurs enfants avec une autonomie conséquente dès un jeune âge. Il y a différentes influences culturelles diffusées, des environnements hétéroclites etc…

Depuis que je suis jeune je suis fascinée par cet âge, être ado. J’ai toujours été impressionnée, je trouvais ça la coolitude incarnée. Je ne dirai même pas que j’ai changé d’avis maintenant que j’en suis une. Je vois ça plus ou moins de la même manière, le glamour en moins peut être. A oui, ça c’est clair que ce n’est pas glamour l’adolescence. Mais c’est plein de surprises et de moments décalés, et c’est unique.

Quand tu es jeune (très jeune), tes parents ce sont des personnes sur lesquelles tu comptes beaucoup, tu y es extrêmement attaché et tu transpires l’amour et la reconnaissance envers eux. Je crois que c’est quelque chose qui bien évidemment s’altère à certaines périodes mais ça reste toujours vrai, même si caché.

Ce que je trouve le plus drôle dans mon cas, c’est que ma famille, ce sont à la fois les personnes qui m’énervent le plus mais ce sont aussi celles pour lesquelles je porte le plus d’admiration et d’amour (oui laisse moi je suis un coeur d’artichaut).

Quand j’étais petite, et chez mes parents on regardait des tonnes de films. Ma mère c’est la pro de l’enregistrement sur la télé. Tous les films d’Arte y sont passés, tous les films de notre cinéma d’art et essai, pareil. A défaut d’être cinéphile on peut clairement s’autoproclamer cinéphage. Et évidemment beaucoup de films parlent de l’ado. J’adore les films sur l’ado, j’adore les films sur les relations ado/parents. J’ai d’ailleurs secrètement le rêve de jouer une ado dans un film (maintenant c’est plus secret voilà). C’est un type de personnage tellement riche, c’est génial de jouer avec cette complexité. Ca risque pas trop d’arriver étant donné que dans quelques années je n’aurais déjà plus l’âge mais bon. Bien qu’il y en ai des meilleurs ou davantage cinématographiques (à ton/mon avis), je dois dire que Sofia Coppola est assez calée sur le sujet.

Quand Somewhere est sorti, je suis tombée amoureuse de ce film. Il y avait un truc dans celui-là qui m’a happée. J’adore les détails débiles dans les films et ma scène préférée c’est quand ils commandent de la glace dans l’hôtel en pleine nuit au room service. Si mes souvenirs sont bons c’était des boules fraise, chocolat et menthe. Et ce genre de moments, ça a beau être les actions les plus cons que tu puisses faire, mais en général ce sont les plus cool (sortez les violons).

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Je finirais avec une vidéo. C’est le making of du film Palo Alto de Gia Coppola (comme quoi on reste dans la famille, c’est assez significatif). J’ai beaucoup aimé ce film et je trouve que ce sont des histoires très liées avec ce à quoi je fais toujours allusion dans mes articles…Et cette vidéo donne beaucoup d’influences auxquelles on se connecte tous plus ou moins.

 

Un commentaire sur “Relations parents/enfants

  1. C’est marrant aujourd’hui je sais plus ou j’ai lu une interview d’une mere qui disait que pour éduquer ses enfants elle avait suivi un principe: etre un arc, qui permet a la fleche de s’envoler le plus loin possible de l’arc. Ca m’a marquée parce que meme si je n’ai pas d’enfants c’est exactement la relation que j’aimerais avoir avec eux. Je pense que c’est pas grave qu’il y ait un « gouffre » entre parents et enfants. Je trouve ca assez normal et meme assez sain. Le plus important c’est de savoir d’ou on vient, d’avoir une base solide.
    Ah et sinon j’ai adoré somewhere aussi 🙂

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