Challenge du mois de Mai

Dernièrement j’ai lu un livre de la génialissime Brené Brown. Je vous en avais déjà parlé dans un article parce que j’avais adoré une longue interview d’elle sur Youtube.
Elle fait de la recherche dans tout ce qui entoure la honte, ses éléments déclencheurs et comment trouver des solutions etc.

Le livre que j’ai lu donc, s’intitule Daring Greatly. Elle parle, en gros de trouver le courage d’être vulnérable pour vivre avec plus d’authenticité et être plus heureux.
Bref, à vrai dire je vous reparlerai peut être de ce livre plus tard, mais pour l’instant je vais juste en tirer une idée qui me plait et en faire un challenge personnel pour m’améliorer.

Dans un chapitre, elle développe la notion de création d’une armure, pour combattre la vulnérabilité et ne pas y faire face. C’est à dire de développer des mécanismes de défense.
Elle en mentionne trois principaux:
– Toujours avoir un mauvais pressentiment lorsqu’on est joyeux (gâcher sa joie par peur)
– Le perfectionnisme
– S’insensibiliser

Il y en a quelques autres un peu moins courants aussi mais ça fait une longue liste donc je vous conseille de vous procurer le livre si ça vous intéresse.

Je fais, je crois (presque sure à priori, oups), parti de la catégorie pas du tout glamour de l’insensibilisation (je pense que c’est la traduction la plus proche de « numbing » en anglais).
S’insensibiliser, ce sont les personnes qui, pour éviter de ressentir des émotions indésirables utilisent une méthode de facilité: faire quelque chose qui nous emmène ailleurs, ne plus penser. Ca peut se décliner sous plusieurs formes, résultant en la même fin: usage de drogues, d’alcool, manger plus que de raison, boire beaucoup beaucoup de café, la clope, prise de médicaments, usage de jeux vidéos inquiétant, usage d’internet démesuré (crouler sous le travail c’est moins la honte peut être mais c’en est une autre forme lorsqu’auto infligé)… Ou n’importe quel usage avec une approche malsaine et en quantité déraisonnable, et ça peut être à échelle faible ou forte, ça reste de l’insensibilisation. Ca peut, dans une certaine mesure, s’apparenter aussi à l’addiction dans certains cas plus poussés.
A priori, BB elle dit que de se couper de certaines émotions en les tuant par ces techniques affecte également nos expériences d’émotions positives. C’est un peu comme dans l’animé Vice Versa ahah, si tu masques/ »tues » une émotion, les autres seront aussi très affectées. L’équilibre est impossible chez les émotions qu’on aime si on s’acharne à enfouir celles qu’on ne veut pas ressentir.

Apparemment, ce mécanisme viendrait d’un problème de honte et de se sentir « pas assez bien » (dans n’importe quelle branche de ta vie, peu importe). Mais ça peut aussi découler de deux autres facteurs (généralement c’est une combinaison des trois): l’anxiété, et la déconnexion. C’est bon maintenant on est surs que c’est bien celle là mon armure de protection ahahah.
Donc honte de ne pas être assez bien, anxiété et déconnexion.

L’anxiété proviendrait d’incertitude, d’exigences personnelles accablantes/compétitives et de gêne sociale. Oh my god je suis un putain de cliché sur pattes en fait ! (En fait rien que la présence de cet article montre mes problèmes c’est juste super risible)

La déconnexion elle, se décline sous forme de dépression, solitude, isolement, désengagement et vide émotionnel…
Ceux qui ne se sentent pas dignes d’être connectés et entourés et du coup s’isolent (heureusement je n’ai jamais eu à vivre dans cette situation, je touche du bois) risquent de beaucoup souffrir ce qui résulte en des types de comportement qui dépassent l’insensibilisation: addiction, dépression, se faire mal à soi même, troubles alimentaires, agression/intimidation, violence et suicide. (T’inquiètes pas à la fin de cet article on parlera de trucs plus gais hein.)

Donc l’insensibilisation « sert » à soulager l’instabilité et l’insuffisance.
La plupart des personnes par contre, s’anesthésient émotionnellement uniquement pour contrer le sentiment de ne pas être intégré, connecté et de ne pas parvenir à gérer son anxiété. La cigarette par exemple pour certains c’est seulement pour occuper ses mains parce qu’on est mal à l’aise.
Pour Brené par exemple pour elle ça a commencé, elle dit, par l’alcool, les cigarettes, puis la nourriture, les mails, le travail, être constamment inquiète, planifier, être perfectionniste etc..
Ca peut facilement migrer d’un territoire à un autre. Au final on se fiche pas mal de savoir quelle est la technique utilisée, c’est le mode opératoire le problème.

Bon, passons au positif. D’abord je vous donne les techniques de BB pour contrer le numbing et ensuite on passe à mon challenge pour le mois prochain !

Il y a trois choses qui ressortent:
-Apprendre à vraiment ressentir ses émotions
-Etre conscient de ses attitudes d’insensibilisation (à la base, et au moment où on les expérimente)
-Apprendre à rentrer dans l’inconfort des émotions difficiles

Le plus gros challenge pour contrer l’anxiété dans ce cas est de savoir poser des limites, mais aussi d’être dans une approche d’équilibre: ni trop ni pas assez.
Là je me reconnais beaucoup parce que plus jeune (et encore maintenant) je réglais mes problèmes en mode go big or go home càd tout ou rien.
J’ai toujours du mal à me dire que si je fais quelque chose je ne dois pas être dans l’optique du perfectionnisme. Il vaut mieux faire plutôt bien les choses tout le temps que parfaitement les choses une fois tous les mille ans et rien faire le reste du temps.

A priori il y a deux méthodes utilisées, les gens tombent généralement naturellement dans une des deux catégories:
-Ceux qui gèrent et calment leur anxiété
-Ceux qui changent les facteurs créateurs d’anxiété

Moi je suis clairement le deuxième actuellement, du moins j’essaye. Mais je pense que plus jeune j’étais la première catégorie, qui à priori se galère beaucoup plus parce que reste dans le même processus, sans changer ses habitudes donc beaucoup plus dur à manager.
A priori créer des limites, est très lié avec le sentiment de se sentir suffisant. Si on est capables d’être satisfait de nous même, on peut vraiment être à l’aise avec l’idée de « maintenant c’est bon, c’est assez ».

Les deux formes de connexion les plus importantes sont l’amour (ahhh) et le sentiment d’appartenance. La différence entre ceux qui le ressentent vraiment et les autres, c’est « simplement » (c’est peut être ça le problème que ce soit stupide mais pas forcément facile pour tout le monde) d’être capable de ressentir de la valeur vis à vis de soi même.
Pour Brené, vivre connecté ça se traduit par l’établissement de limites, passer moins de temps et d’énergie à se presser et à essayer de séduire des gens qui n’en valent pas la peine. Voir l’importance d’être connecté avec sa famille et ses amis proches et cultiver ces relations (là j’ai envie de dire ça dépend si t’as une famille cool ou pas hein…).

Quand l’anxiété revient et qu’on se sent déconnecté du coup, ça peut être hyper varié et venir de ne pas dormir assez, travailler trop, pas assez d’amusement (j’imagine qu’on peut tourner ces trois dans le sens inverse aussi), et essayer d’échapper à la vulnérabilité.

Dernier point pour conclure: comment voir la différence entre plaisir et insensibilisation ? Par exemple manger un ou deux carrés de chocolat c’est du plaisir et du confort. Manger la plaquette sans faire attention au goût ou y prendre plaisir c’est s’insensibiliser. L’intention qu’on porte sur l’activité est primordiale. On peut vite passer du confort à du pseudo confort qui en fait finit par être nuisible.
Pas se poser la question de « qu’est ce que je fais » mais « pourquoi est ce que je le fais ». Ca demande une interrogation de soi même, une réflexion. Est ce qu’en faisant ça je vais bien ou je suis en train de me couper de mes émotions et je me sens vide et tourmenté ?

Passons au challenge personnel que je vais me lancer. Ca va impliquer poser des limites mais aussi lâcher du lest. Parce que moi ma manie donc, c’est de ne pas savoir trouver d’équilibre sain. C’est go big or go home.
J’aimerais pour le mois prochain être dans une optique de profiter pleinement de ce que je fais. Je suis un peu soit en train de faire un truc sans y penser, cramer le temps donc, soit je fais pas ce que je suis supposée faire du coup je culpabilise et profite de rien, soit je m’interroge le soir: qu’est ce que j’ai fais de ma journée, j’ai fais plein de trucs mais rien qui ne fais une différence ou m’a vraiment fais plaisir/apporté quelque chose.
J’ai l’impression de souvent concentrer mon attention sur des choses qui ne servent à rien. Parfois pour de vrai, et d’autres fois c’est juste que ce n’est pas quelque chose « d’assez sérieux » donc ça me fait me sentir mal parce que si c’est en soi inutile ça ne sert à rien de le faire (même si ça me fait plaisir sur le moment) ! J’ai un gros problème tu remarqueras à être satisfaite de ce que je fais à la fin de mes journées. Si j’ai pas rempli toutes les closes je ne suis pas contente de moi, si je les ai faites j’ai souvent l’impression d’être seule et pas drôle.
En gros je veux apprendre la modération et profiter du moment présent. Quitte à ce que ce soit un peu rigide à la base mais que je commence avec les vrais gagnants qui, je sais, marchent à tous les coups.

A FAIRE:
Lire. Beaucoup plus que ces derniers temps. Si j’aime ce que je lis, ça fait parti des seules activités où je ne culpabilise pas. J’ai le sentiment de faire quelque chose de bien parce que ça m’instruit ET ça me plait, beaucoup.
Passer du temps avec mon copain, sa famille et ses amis. Je m’isole très facilement. Parce que j’aime pas tout le temps socialiser, que je veux faire mes trucs perso etc.. et généralement ça finit par beaucoup me peser d’être seule trop souvent. En ce moment ma famille va pas ultra bien donc c’est pas très uplifting de rester avec eux donc je m’en tiens un peu au minimum parce que sinon je suis vite fatiguée et je prend leur énergie négative et ça déteint complètement sur moi et c’est pas du tout agréable. Du coup je reste avec mon copain et son entourage et même si parfois je ne suis pas très à l’aise, généralement je suis très contente d’avoir pu être dans ce genre de situation et passer du temps avec eux.
Faire du sport. Bien manger. Boire beaucoup d’eau et dormir. Y’a pas à dire mais généralement toutes ces indications ne sont pas de la fausse publicité et mises en évidence seulement pour nous embêter. Quand je fais plutôt bien tout ça, que j’ai une routine assez fixe et que l’indulgence est vraiment un plaisir de temps en temps, ce que ça devrait être, je me sens beaucoup beaucoup mieux. Ma manière de m’insensibiliser la plupart du temps était (dernièrement je ne le fais quasi plus) de manger tout le temps. Quand j’étais stressée, fatiguée, inquiète, en colère, triste, you name it. En gros je grignotais tout le temps.
Ce dernier mois j’ai fais du sport 6 jours sur 7 (comme ça ça peut paraître excessif mais je jure que c’est fait avec beaucoup d’égard et de compassion vis à vis de moi même, pas le contraire, je m’amuse), bu beaucoup d’eau, généralement bien mangé et pas grignoté. Quand ça m’est arrivé je me suis sentie hyper mal physiquement donc ça m’a fait une piqure de rappel et je me suis très vite éloignée de mes mauvaises habitudes.
Aller dehors. Ca je ne le fais pas encore assez, mais je sais que c’est très positif chez moi. J’aime pas forcément y aller toute seule, ou je ne peux pas m’y rendre (pas encore le permis ni de voiture). Aller en ville ou marcher dans un quartier résidentiel ça ne fait généralement pas le pli pour moi, c’est la nature qui me fait plaisir et me relaxe mais il faudrait que je travaille dessus. Avec l’été qui arrive ça devrait être plus facile.
Tester de nouvelles activités. Je m’ennuie très facilement, j’aime bien découvrir de nouvelles choses. Généralement je finis par faire des trucs chez moi et ça me fait moyen plaisir. Arrêter de trouver des excuses comme « j’ai pas d’argent » « j’ai la trouille » « je sais pas si ça me plairait » « c’est trop loin » blablabla. Etre avec d’autres gens, s’amuser et se mettre au défi je sais qu’au fond c’est bénéfique pour moi. Et parfois surprise ça me plait beaucoup ! J’imagine que c’est aussi comme ça que je pourrais trouver ce que j’aime/n’aime pas vraiment. Je sais déjà beaucoup de choses sur moi mais j’ai encore le sentiment de ne pas assez me tourner vers des choses plus significatives pour ma vie future.
Travailler sur mon blog et sur moi même. Les deux vont un peu ensemble en ce moment. Depuis quelques mois je travaille vraiment sur moi même. Pas en y pensant constamment, en décortiquant et en ressassant ce que j’ai vécu et essayer de comprendre pourquoi j’ai merdé à un moment X. Mais en travaillant sur ce qu’on peut faire maintenant pour aller mieux par la suite. S’y mettre dès maintenant et pas demain et trouver des ressources qui nous plaisent et les installer au quotidien est ce que j’ai trouvé de mieux. Avant ça j’avançais dans le noir. Agir est, au final, bien supérieur au reste lorsqu’il s’agit de vouloir changer des choses dans sa vie. Pas penser, agir.

Pour ça, être préparé est essentiel. Si je ne fais pas de plans, je ne le ferais pas. Je dois constamment savoir ce que je fais en début de journée en détail sinon je finis par faire n’importe quoi et faire des choses qui polluent ma bonne humeur ou ma motivation. Et mon genre de personnalité rentre facilement dans les cercles vicieux. Travailler, tous les jours à s’améliorer, et être consistant c’est la seule méthode que j’ai trouvée pour ne pas me sentir dépassée et pas capable.

A NE PAS FAIRE:

Sacrifier mon temps de travail ou de loisirs que j’avais vraiment envie de faire dans la journée pour des choses qui n’en valent pas la peine.
Etre malhonnête sur mes sentiments ou me taire quand je suis mal à l’aise. Ca c’est plus de la reprise de ‘caractère de ma jeunesse’…mais en l’utilisant à bien plus bon escient qu’avant ahem. C’est souvent sacrifier mon caractère et ma personnalité par peur d’être trop remarquée du coup je suis en réserve. Parce que j’ai peur de ne pas plaire et d’avoir honte. Et je crois, qu’à un moment donné de ne pas partager comme j’en aurais vraiment envie mon « vrai moi » ça me fait du mal.
Arrêter de zoner sur Youtube, de binge des séries ou de faire des choses pour combler le vide. Je le fais plus trop déjà. Dans un sens c’est con parce que c’est généralement grâce à ces « sessions » que je trouve de nouvelles infos et concepts intéressants. De l’autre je me sens stressée et un peu yuk après. Faut que je trouve une manière intelligente de faire ça.
Arrêter de croire que je peux tout contrôler si je suis assez forte et qu’avec de la volonté tout peut changer en quelques semaines. NOOOpe. Changer c’est ingrat, chiant et long. C’est pas pour rien que tout le monde aime rester dans sa zone de comfort. J’ai toujours pensé que les choses fonctionnaient en déclics, en révélations et qu’une fois qu’on avait une idée de qui on était et de ce qu’on voulait de sa vie tout était tracé et il fallait juste bosser pour y arriver. Malheureusement c’est des gros mythos mon idéal de vie ahah. Donc je vais essayer de rester zen à l’idée des baby steps et de mettre pierre après pierre et voir en conséquence. Oh mon dieu que c’est frustrant et long.

Pour l’anecdote débile: quand j’étais petite je me disais que j’étais comme Karaba la sorcière dans Kirikou (salut les références attends je pèse un max). Que j’avais une épine qui m’empêchait d’être gentille et de bien faire les choses et qu’un jour je réussirai à la trouver et l’enlever et que par magie je serais un être parfait. Je cherche encore…

Ce challenge -en gros- est pas du tout clair, très représentatif de ma personnalité ahah. J’imagine que ça va finir par se décanter, je vous tiens au courant de mon évolution.
En fait ce que j’aimerais c’est être plus authentique et honnête avec moi même et les autres, faire des choses qui sont positives pour moi. Limite passer un mois à faire peu de choses mais bien. Bien lire, bien profiter de mon entourage, cuisiner, m’amuser mais sans rigidité ou m’isoler. Pas caser 78 trucs dans une journée juste pour se donner l’impression de faire quelque chose. Je crois que ça va être un moment où je vais beaucoup réduire mon usage d’internet et où je vais commencer gentiment à m’atteler à des choses que j’ai envie de faire depuis longtemps mais qui m’ont trop fait peur. Chaque chose en son temps, mais on va stopper tout le bullshit qui m’empêche de profiter dacc ?

Ouf c’est moi ou il est dur à digérer ce post ahah ?
Bisous les copains.

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